PRIX RUSSOPHONIE 2012 – UNE CUVEE EXCEPTIONNELLE
Le 6ème Prix Russophonie pour la meilleure traduction du russe en français a été attribué le 30 janvier à Anne – Marie Tatsis – Botton pour Souvenirs du futur de Sigismund Krzyzanowsky, auteur qui n’avait pas été publié de son vivant, que les éditions Verdier se sont attachées à faire connaître en France.
Déjà lauréate du prix Halpérine-Kaminsky (2006) pour Souvenirs de Marina Tsvetaïeva et La Flûte aux souris d’Alexis Rémizov, Anne – Marie Tatsis – Botton a été choisie parmi la sélection retenue où figuraient les traducteurs les plus chevronnés : Anne Coldefy- Faucard (La Tourmente de Vladimir Sorokine), Henri Deluy (L’Amour, la poésie, la révolution de Vladimir Maïakovski) Bernard Kreise (La Tête de mon père d’Elena Botchorichvili)André Marcowicz (Le Soleil d’Alexandre).
Le directeur du Centre Eltsine, Alexandre Drozdov, fondateur du Prix avec l’association France – Oural, lui a remis une sculpture originale Prix Russophonie – un livre en bronze ouvert du sculpteur Viktor Krioutchkov – ainsi qu’une récompense financière, tout comme à son éditeur.
Quelque quarante traductions ont été soumises au jury composé de l’auteur Agnès Desarthe, du journaliste Kirill Privalov et de spécialistes de la littérature russe : Irène Sokologorsky, Gérard Conio et Françoise Genevray.
Le Prix Russophonie a été l’occasion de l’ouverture officielle des Saisons russes 2012. Il a été remis dans le cadre du festival RussenKo qui s’est déroulé au Kremlin –Bicêtre, pendant les Journées du livre russe et des littératures russophones qui accueillaient deux jours durant quelques grands noms de la littérature russe : de Ludmila Oulitskaïa à Vladimir Sorokine, en passant par Mikhaïl Chichkine, Léonid Guirchovitch, Zakhar Prilepine, le biélorusse Andreï Kureichik ukrainien Andreï Kourkov, la Québécoise Elena Botchorichvili.
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Créé en 2006 à l'initiative de la Fondation Elstine et de l'Association France-Oural, le Prix Russophonie a pour ambition de contribuer à promouvoir la littérature en langue russe, à mieux faire connaitre ses acteurs : auteurs, traducteurs, éditeurs et à créer un lien culturel fort entre la Francophonie et le monde russophone.
Le Prix Russophonie récompense la meilleure traduction d'un ouvrage littéraire du russe vers le français qu'elle que soit la nationalité de son auteur. Le jury est composé d'universitaires, journalistes, écrivains : Andreï Kourkov qui a succédé à Andreï Makine, et depuis 2009, Agnès Desarthe. Il est placé sous la présidence d'honneur de Madame Tatiana Youmacheva-Elstine.
La manifestation créée par l'Association France-Oural en 2010 est un moment fort du festival Russenko initié par l'Association et organisé par la Mairie du Kremlin-Bicêtre. Deux jours durant, les Journées du livre russe réunissent des traducteurs, des slavistes, des auteurs français et de nombreux auteurs venus des pays où la russophonie est vivante. De nombreuses rencontres, tables rondes, lectures, dédicaces permettent au public de découvrir ou de mieux connaître les auteurs et les cultures de l'espace russophone.
Quinze ans après l'éclatement de l'URSS et les vagues d'émigration de populations russophones dans le monde entier, la notion d'ESPACE russophone répond à la réalité géopolitique contemporaine. Le russe n'appartient pas à la seule Russie, il est devenu l'outil de communication privilégié, souvent indispensable et unique dans beaucoup de pays de l'ex-URSS, voire de l'est de l'Europe, ou entre personnes y ayant vécu. C'est parfois le seul moyen d'accès à des écrits à des écrits scientifiques, à des technologiques de haut niveau d'établir un lien avec la communauté internationale. De ce fait, le russe mérite un intérêt plus grand que celui de quelques spécialistes.
C'est paradoxalement en France, pays faiblement russophone, qu'est née l'initiative de nommer la russophonie et de concrétiser notre volonté de ne pas rester en dehors de ce nouvel espace à vocation universelle. Bien sûr, l'exemple de la francophonie n'est pas étranger à l'initiative. Les Français, conscients que le rayonnement de leur pays ne reposait pas sur leurs compatriotes disséminés ici ou là dans le monde se sont résolus à partager leur langue et à participer au développement du patrimoine commun. Car la francophonie n'est pas née en France où on a mis du temps à la comprendre et à l'accepter. Il a fallu les indépendances africaines et des initiatives comme celles du poète-Président sénégalais Léopold Sédar Senghor, soucieux de préserver le seul élément unificateur entre les nouveaux états indépendants, souvent artificiellement crées par la colonisation. Pour eux, la francophonie était une nécessité, un atout supplémentaire, comme la russophonie peut l'être pour les pays sortis de l'empire soviétique et pour ses anciens ressortissants dans le monde.
Dimitri de Kochko